Hôtel Isabey, Besançon : le chantier qui m’a donné la passion du patrimoine

Hotel Isabey besancon de nuit

Besançon, le chantier où tout a commencé pour moi

Je me souviens de la porte que j’ai poussée ce jour-là. L’Hôtel Isabey, à Besançon, comptait parmi mes tout premiers reportages pour le Groupe CIR, et je manquais encore d’expérience sur ce type de bâtiment. Quand la première pièce au décor d’époque s’est ouverte devant moi, j’ai pris une claque. C’était la première fois que je voyais ça en vrai. J’ai eu le sentiment de remonter le temps, jusque dans le geste des artisans du 18e siècle.

Comète Studio photographie ce genre de réhabilitation au moment de la livraison, pour le compte du promoteur. L’Hôtel Isabey garde une place à part dans mon parcours : c’est sur ce chantier bisontin, à près de 600 km de mon studio girondin, que j’ai compris ce que je voulais documenter, et comment. Six ans plus tard, j’accompagne toujours le Groupe CIR sur ses livraisons partout en France.

Un hôtel particulier signé Colombot, au cœur de Besançon

L’Hôtel Isabey est un hôtel particulier néoclassique construit en 1775 au 21 rue de la Préfecture, à Besançon, et inscrit aux Monuments Historiques depuis 1984. Il compte parmi les réalisations les plus abouties de l’architecte bisontin Claude-Antoine Colombot.

L’Hôtel Isabey, au 21 rue de la Préfecture à Besançon, a été édifié en 1775 pour Antoine-Joseph Isabey, avocat au Parlement de Franche-Comté, sur des plans de l’architecte bisontin Claude-Antoine Colombot (1747-1821). Contrairement aux hôtels voisins établis en retrait derrière une cour, l’Hôtel Isabey se présente directement sur rue : rez-de-chaussée à bossages, ordre colossal enjambant les deux étages, garde-corps à balustres de pierre. À l’intérieur, un escalier d’honneur à double volée de pierre, sa rampe en fer forgé surmontée d’une main courante en bois, déroule ses marches comme un décor de théâtre. Six pièces ornées du premier étage conservent leur décor d’origine. En 1862, un jardin d’hiver à façade concave vient s’intercaler entre la cour et le jardin. L’édifice, longtemps occupé par la Chambre des Métiers du Doubs, est inscrit aux Monuments Historiques depuis le 21 décembre 1984.

Colombot, né à Besançon en 1747 et mort dans sa ville en 1821, a dessiné dans ce même secteur toute une série d’hôtels particuliers au fil des années 1770. L’Hôtel Isabey est l’un d’eux, voisin de l’ancien Hôtel Petremand de Valay devenu Banque de France. Cette concentration fait de la rue de la Préfecture un manuel à ciel ouvert du néoclassicisme comtois, où chaque façade répond à la précédente.

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La claque patrimoniale : entrer dans des pièces de 1775

À l’Hôtel Isabey, l’histoire saute aux yeux dès qu’on franchit une porte. Les six pièces ornées du premier étage ont gardé leurs décors d’origine, et c’est devant l’une d’elles que tout a basculé pour moi.

J’avais réussi mes clichés de nuit, mais je n’ai pas pu pénétrer dans les appartements encore non livrés : les parquets venaient d’être cirés, impossible d’allumer les lumières à l’intérieur. Cette frustration a rendu la découverte suivante plus forte encore. Quand je suis entré pour la première fois dans les appartements patrimoniaux, j’ai été subjugué. Je mesurais la chance d’être là, face au savoir-faire des anciens dans ce qu’il a de plus noble.

On ne visite pas un hôtel de 1775 : on y remonte le temps.

La restauration tenait la promesse, mais ce qui m’a le plus marqué, c’est le dialogue entre les époques : les signes du passé d’un côté, des cuisines contemporaines parfaitement intégrées de l’autre. Une dépendance, en fond de cour, abrite une grande cuisine au dessin très actuel, avec une vue traversante, une lumière franche et un accès direct aux jardins. C’est là, je crois, que j’ai saisi pour la première fois ce qu’une photographie de livraison devait montrer : la manière dont ces volumes allaient être habités, puis vendus.

L’escalier d’honneur a fini de me convaincre. Sa double volée de pierre et sa rampe en fer forgé montent vers le premier étage comme un escalier de théâtre, et la restauration en a respecté chaque ligne. Je l’ai photographié longuement, en cherchant l’angle qui rende justice à sa montée. C’est ce genre de détail, conservé et remis en lumière, qui transforme un programme de logements en pièce d’histoire habitable.

Du classement de 1984 à la livraison de 2020

La réhabilitation de l’Hôtel Isabey a été menée par le Groupe CIR et livrée le 12 juin 2020 : 62 appartements du T1 au T4, pour 1 327 m² habitables. Le chantier était déjà en cours en 2016.

Le Groupe CIR (Compagnie Immobilière de Restauration), fondé en 1988 à Bordeaux, est l’un des spécialistes français de la réhabilitation du bâti ancien en cœur de ville. Sur ce type d’immeuble classé, il intervient dans le cadre des dispositifs loi Malraux, Monuments Historiques et déficit foncier, qui adossent la défiscalisation à la conservation effective du patrimoine. Pour l’investisseur, l’intérêt fiscal n’existe qu’à la condition que la pierre soit réellement restaurée dans les règles.

Réhabiliter un Monument Historique impose un cadre serré. L’inscription du 21 décembre 1984 protège les façades et toitures, le portique sur jardin, l’escalier et les six pièces ornées du premier étage. Toute intervention sur ces parties passe par l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France et s’inscrit dans le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur du centre ancien. Besançon a d’ailleurs la particularité de compter deux PSMV, ce qui resserre encore l’encadrement réglementaire des opérations patrimoniales dans ce secteur.

C’est la même exigence que j’ai retrouvée sur un autre chantier du Groupe CIR : la Caserne Belliard, à Fontenay-le-Comte, ancienne caserne de cavalerie réhabilitée par le même promoteur, où il a fallu loger des appartements dans des écuries arrondies. D’un bien à l’autre, le niveau de soin reste constant.

Ce que je dois à ce premier chantier

L’Hôtel Isabey m’a appris le niveau d’exigence qu’un bien classé réclame, autant à la pierre qu’à l’image. Ce premier reportage pour le Groupe CIR a fixé une barre que je n’ai plus quittée.

Sur ce genre de livraison, le promoteur attend des photographies directement exploitables : une vue de commercialisation, une image de presse et un visuel de brochure n’obéissent pas aux mêmes règles, et tout doit être obtenu en une seule intervention, sans faire repasser le photographe. Comprendre cet usage, je l’ai appris ici, en regardant comment ces appartements allaient vivre et se vendre. Je travaille de la même façon avec les architectes, en autonomie, sans empiéter sur la relation qu’ils entretiennent avec leur client.

C’est à Besançon que j’ai compris quel photographe je voulais devenir. J’ai depuis documenté beaucoup d’autres réhabilitations, de l’Hôtel Delmas à La Rochelle aux anciennes Banques de France reconverties en logements. L’Hôtel Isabey, lui, reste le chantier qui m’a donné la passion du beau et du patrimonial. Si vous cherchez un photographe de réhabilitation patrimoniale pour vos livraisons, c’est cette exigence-là que j’apporte sur chaque opération, partout en France, avec des images livrées sous 48h.

Questions fréquentes

Qui a réhabilité l’Hôtel Isabey de Besançon ? La réhabilitation de l’Hôtel Isabey a été portée par le Groupe CIR (Compagnie Immobilière de Restauration), promoteur spécialisé dans la rénovation du bâti ancien en cœur de ville. L’opération a été livrée le 12 juin 2020 et compte 62 appartements du T1 au T4, pour 1 327 m² habitables. Elle relevait des dispositifs loi Malraux, Monuments Historiques et déficit foncier.

Pourquoi photographier un monument réhabilité au moment de la livraison ? La livraison est le seul moment où le bâtiment est restauré, vide et encore intact, avant l’arrivée des habitants. Les décors d’origine, l’escalier et les volumes se donnent alors à voir sans meubles ni traces d’usage. Pour un promoteur, ces images servent à la fois la commercialisation, la presse et les brochures, à condition d’être pensées dès la prise de vue.

Comète Studio se déplace-t-il en dehors de la Gironde ? Oui. Comète Studio est basé en Gironde et intervient partout en France ; l’Hôtel Isabey, à Besançon, se trouve à près de 600 km du studio. Les reportages de livraison sont livrés sous 48h.

Photographe de chantier et de réhabilitation patrimoniale, fondateur de Comète Studio.

Depuis 2016, Sébastien Piedloup documente des opérations de réhabilitation et de construction partout en France : suivi de chantier, photographie de bâti ancien, prises de vues drone. Il intervient sur des projets patrimoniaux exigeants, en secteur sauvegardé comme sur des programmes neufs, pour des promoteurs, des architectes et des entreprises de restauration. Sa spécialité : saisir un lieu avant les travaux pour mieux en révéler la renaissance.

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