Hôtel de la Tramerie à Douai : photographier la livraison d'un monument historique de 1649

À Douai, la livraison d’un monument de 1649

Les 5 et 6 octobre 2026, j’ai photographié pour le promoteur Caractère l’Hôtel de la Tramerie, monument historique de 1649 situé au 132 rue des Foulons, à Douai, et réhabilité en neuf logements. C’était une mission de livraison : deux jours sur place pour couvrir l’intégralité du bâtiment, à une date choisie pour son soleil. Caractère voulait montrer le résultat de son travail, et les images devaient donc couvrir le monument comme les logements.

L’Hôtel de la Tramerie pose à un photographe d’architecture des questions que je rencontre rarement réunies sur un même bâtiment. Il y a d’abord les matières. Le grès, la brique et la pierre blanche de la façade ne livrent leur relief qu’en lumière rasante, et un ciel couvert les ramène à une teinte presque uniforme. Il y a ensuite l’intérieur, réinventé pour accueillir des habitants, où chaque image doit montrer ce qui a été conservé autant que ce qui a été créé.

Un monument de 1649 a attendu plus de trois siècles et demi. Il pouvait bien attendre une journée de soleil.

De la brasserie au monument historique

L’Hôtel de la Tramerie, aussi appelé Hôtel Renaissance, est un édifice de Douai construit en 1649 en grès, brique et pierre blanche, rattaché au baroque flamand. D’abord brasserie, il devient hôtel particulier en moins d’un demi-siècle. Il est inscrit au titre des monuments historiques le 25 août 1931, à l’exception des parties classées, et ses façades et toitures sont classées le 19 septembre 1932 (notice Mérimée PA00107459).

Côté rue des Foulons, l’entrée se fait par un portail en plein cintre surmonté d’une niche. La Statistique archéologique du département du Nord décrivait déjà cette demeure de la rue des Foulons en 1867. Au début du XXe siècle, le bâtiment accueille l’école d’art de la ville. Il est abandonné en 1980, puis la mérule impose des travaux d’urgence en 2003.

La sauvegarde de l’enveloppe passe ensuite par une première campagne de restauration, conduite par la Ville de Douai avec le soutien de la DRAC, sous la direction de Vincent Brunelle, architecte en chef des monuments historiques, avec l’agence Sailly et Perrissin. Quand je suis arrivé en octobre 2026, ces étapes ne se voyaient plus qu’à travers leur résultat : un monument debout, dont l’intérieur venait d’être livré.

Pour un photographe, la protection de 1932 indique ce qui compte le plus : les façades classées, que mes images doivent restituer sans les déformer.

Neuf logements dans un hôtel particulier : le parti de la réhabilitation

La réhabilitation de l’Hôtel de la Tramerie, à Douai, crée neuf logements, du studio au trois-pièces. Caractère y intervient comme mandataire du maître d’ouvrage. Le réaménagement intérieur a été confié à l’agence Bureau Volant, installée à Tourcoing, en mission complète, des études à l’exécution.

L’opération s’est déroulée en deux temps. La sauvegarde de l’enveloppe, plus ancienne, a d’abord protégé le monument. Le réaménagement intérieur, récent, l’a ensuite rendu habitable : les façades décorées sont préservées, les éléments patrimoniaux intérieurs conservés, et le porche a été remis en service pour accéder à la cour.

J’ai photographié ce patrimoine conservé dans le détail : les vitraux, les escaliers, les carreaux de ciment, les sculptures et les éléments de façade. Le porche figure aussi sur mes images. Remis en service, il est le passage qui ouvre à nouveau la cour aux habitants.

Pour l’architecte comme pour le promoteur, mes images doivent rendre lisible la couture entre l’existant et le contemporain. Les éléments patrimoniaux et les aménagements neufs appartiennent aux mêmes logements, et la photographie doit montrer qu’ils cohabitent.

Attendre la lumière : la méthode

Pour photographier l’Hôtel de la Tramerie à Douai, j’ai choisi le jour et les heures de prise de vue en fonction de la lumière du bâtiment. Je suis venu après la livraison, une fois tout terminé, et j’ai attendu une journée ensoleillée. Sur place, l’orientation du monument a décidé de l’ordre de passage.

La façade reçoit le soleil toute la journée, jusqu’à seize heures. La cour intérieure se comporte autrement : elle reste à contre-jour une bonne partie de la journée. Pour la photographier sans avoir le soleil face à l’objectif, il fallait attendre quinze heures trente, le temps que le soleil tourne. La façade se travaillait donc sur une large plage horaire, la cour seulement en fin d’après-midi. Les deux jours sur place m’ont permis de couvrir l’intégralité du bâtiment, intérieurs et porche compris, sans sacrifier un espace à un mauvais créneau.

Le grès et la pierre blanche ont besoin d’une lumière qui les frôle : elle fait ressortir le grain de la pierre et le relief des éléments de façade. En lumière plate, ces matières se lisent comme un aplat, et la brique se confond avec la pierre. Une cour photographiée à contre-jour pose le problème inverse : le ciel brûle et les détails des murs se bouchent dans l’ombre.

Sur un bâtiment ancien, c’est la lumière qui fixe l’ordre de passage, pas le planning. J’avais appliqué la même règle à l’Hôtel Delmas, à La Rochelle, où l’orientation des façades dictait déjà l’ordre des prises de vue. Pour un promoteur, la méthode revient à caler la séance sur la météo des jours qui suivent la livraison.

Une livraison ne se photographie qu’une fois. Le jour, lui, se choisit.

Une galerie à la hauteur du bâtiment, pour les investisseurs

Pour l’Hôtel de la Tramerie à Douai, le besoin de Caractère tenait en deux points : montrer le résultat de son travail, et offrir à ses clients investisseurs une galerie de qualité, plus haut de gamme qu’un simple lien de transfert de fichiers. J’ai livré les images dans une galerie en ligne aux couleurs de Caractère.

Les acquéreurs d’un tel programme ont souvent acheté à distance et sur plan. La galerie de livraison est alors la première occasion qu’ils ont de voir le résultat, et elle doit être à la hauteur du bien. Elle porte l’identité du promoteur, pas la mienne : l’investisseur reçoit une galerie de Caractère, ce qui prolonge la relation entre le promoteur et son client. Chaque image devait aussi pouvoir servir la commercialisation, la communication du promoteur et la remise aux acquéreurs.

Un investisseur qui achète un appartement dans un monument historique mérite mieux qu’un lien de téléchargement.

Pendant la même mission, j’ai aussi tourné une vidéo au sol : la photo et la vidéo du bâtiment livré ont été produites en un seul déplacement.

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Vidéo tournée au sol à l’Hôtel de la Tramerie, à Douai, après la livraison des neuf logements, pour le promoteur Caractère.

Sélection de photographies de l’Hôtel de la Tramerie à Douai, réalisées les 5 et 6 octobre 2026 après la livraison : façade, porche, cour intérieure, logements et détails patrimoniaux (vitraux, escaliers, carreaux de ciment, sculptures). Toutes les images sont de Sébastien Piedloup pour Comète Studio.

Ce qu’un architecte du patrimoine attend de ces images

Pour un architecte du patrimoine, une photographie de livraison comme celles de l’Hôtel de la Tramerie à Douai sert de preuve publiable d’un parti architectural. Elle montre comment le neuf s’est inséré dans l’existant sans le trahir.

Cette preuve repose sur deux familles d’images. Les vues d’ensemble montrent l’articulation des espaces, du porche à la cour et de la cour aux logements. Les détails montrent la qualité de mise en œuvre à l’endroit précis où le neuf touche l’ancien. Le cadrage, lui, respecte les lignes du bâtiment. Ces images doivent pouvoir servir un portfolio, une publication ou un dossier de candidature à un prix.

J’ai photographié dans le même esprit l’Hôtel Delmas, primé aux Prix Viollet-le-Duc, à La Rochelle : sa réhabilitation a reçu le Prix Coup de Cœur du Jury en 2026. Je détaille sur une page dédiée ce que je propose aux architectes du patrimoine.

D’autres monuments, la même exigence

L’Hôtel de la Tramerie, à Douai, rejoint les réhabilitations patrimoniales que je photographie partout en France, de l’ancienne Banque de France de Troyes à l’Hôtel Delmas de La Rochelle.

Je suis basé à La Brède, en Gironde, à plus de sept cents kilomètres de Douai. Avec Comète Studio, j’interviens dans toute la France en photo, en vidéo et en drone, selon les besoins de chaque programme. Si vous livrez un bâtiment ancien, je vous explique comment photographier la livraison de vos programmes patrimoniaux, et vous retrouverez mon travail de photographe d’architecture avec d’autres réhabilitations.

Pour une livraison à venir, envoyez-moi l’adresse du bâtiment et sa date de remise des clés via le formulaire ci-dessous : je vérifie l’orientation avant de vous proposer une date.

Questions fréquentes

L’Hôtel de la Tramerie, aussi appelé Hôtel Renaissance, est un édifice baroque flamand construit en 1649 au 132 rue des Foulons, à Douai. Ancienne brasserie devenue hôtel particulier, puis école d’art au début du XXe siècle, il est inscrit au titre des monuments historiques le 25 août 1931, à l’exception des parties classées. Ses façades et toitures sont classées le 19 septembre 1932. Le bâtiment est aujourd’hui réhabilité en neuf logements.

La réhabilitation de l’Hôtel de la Tramerie, à Douai, s’est faite en deux temps. Une première campagne de restauration, conduite par la Ville avec le soutien de la DRAC, a sauvegardé l’enveloppe sous la direction de Vincent Brunelle, architecte en chef des monuments historiques. Le réaménagement intérieur en neuf logements a ensuite été confié à l’agence Bureau Volant, de Tourcoing, en mission complète, avec Caractère comme mandataire du maître d’ouvrage.

La livraison d’un bâtiment ancien se photographie une fois les travaux entièrement terminés, par une journée choisie pour sa lumière. L’orientation du bâtiment fixe ensuite l’ordre de passage. À l’Hôtel de la Tramerie, à Douai, la façade reçoit le soleil toute la journée jusqu’à seize heures, alors que la cour intérieure ne se photographie sans contre-jour qu’à partir de quinze heures trente.

Pour remettre les photos d’un programme immobilier à des investisseurs, une galerie en ligne aux couleurs du promoteur présente le bien mieux qu’un lien de transfert de fichiers. La sélection est éditée, et chaque image reste exploitable pour la commercialisation comme pour la communication du promoteur. Pour l’Hôtel de la Tramerie, à Douai, j’ai livré les images dans une galerie en ligne aux couleurs de Caractère, destinée à ses clients investisseurs.

Oui. Je suis basé à La Brède, en Gironde, et j’interviens partout en France pour Comète Studio. L’Hôtel de la Tramerie, à Douai, se trouve à plus de sept cents kilomètres de La Brède : la mission y a duré deux jours sur place, après la livraison du programme. J’ai aussi photographié hors de Nouvelle-Aquitaine la réhabilitation de l’ancienne Banque de France de Troyes.

Photographe de chantier et de réhabilitation patrimoniale, fondateur de Comète Studio.

Depuis 2016, Sébastien Piedloup documente des opérations de réhabilitation et de construction partout en France : suivi de chantier, photographie de bâti ancien, prises de vues drone. Il intervient sur des projets patrimoniaux exigeants, en secteur sauvegardé comme sur des programmes neufs, pour des promoteurs, des architectes et des entreprises de restauration. Sa spécialité : saisir un lieu avant les travaux pour mieux en révéler la renaissance.

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