
Six chantiers avant travaux à Dieppe – Groupe Jehan Ango
Six programmes de réhabilitation photographiés en deux jours pour le Groupe Jehan Ango, à Dieppe. Méthode de repérage et contraintes de terrain.
Le Groupe Jehan Ango est un promoteur normand implanté à Rouen et à Dieppe. Il conçoit et structure des opérations de réhabilitation d’immeubles anciens en centre urbain historique, éligibles au dispositif Denormandie. Il m’a confié six programmes en centre-ville de Dieppe, à photographier avant le démarrage des travaux. Deux jours sur place, près de cinq cents photographies livrées sous soixante-douze heures, destinées à son site, à ses brochures et à ses réseaux sociaux. Un reportage de retour est prévu en fin d’année, une fois les immeubles réhabilités. Voici comment cette mission a été préparée et conduite, comme photographe d’architecture et de chantier.
Le Groupe Jehan Ango structure des opérations de réhabilitation éligibles au dispositif Denormandie et les propose à des investisseurs, souvent par l’intermédiaire de conseillers en gestion de patrimoine. Son objet n’est pas la construction neuve : c’est la transformation d’immeubles anciens vacants en logements rénovés pour le marché locatif, dans des centres urbains historiques.
Ce positionnement change la nature de la demande photographique. Un opérateur de réhabilitation ne vend pas un projet sur plaquette, il vend un écart : entre ce qu’est l’immeuble aujourd’hui et ce qu’il sera à la livraison. L’état de départ fait partie de l’argumentaire, au même titre que la surface ou le plan de découpage. Sans images de l’état initial, il ne reste qu’un texte et des tableaux, et l’investisseur doit croire sur parole.
Le déclencheur de la mission a été la décision de communiquer, sur le site, dans les brochures et sur les réseaux sociaux, doublée d’un constat : il n’existait pas de matière visuelle exploitable pour le faire. Les immeubles étaient acquis, les opérations montées, les travaux sur le point de démarrer. Passé ce point, l’état initial n’aurait plus été photographiable.
La commande portait sur six programmes de réhabilitation, tous en centre-ville de Dieppe, à photographier en avant-travaux. Trois destinations pour les images : le site web, les brochures et plaquettes de programme, les réseaux sociaux. Ces trois usages n’ont pas les mêmes contraintes techniques.
Définition d’impression pour la plaquette, poids et format pour le web, cadrage vertical pour les réseaux. Ces contraintes se traitent au moment de la prise de vue, pas au tri.
S’y ajoutait un impératif que le client n’avait pas formulé, mais qui structure tout le reste : ce reportage n’a de valeur pleine que s’il peut être répliqué après travaux. C’est lui qui a dicté la préparation.
Les six immeubles sont de petite taille, quelques lots chacun, et ils se trouvent à dix minutes de marche les uns des autres, en centre-ville. Cette densité est une donnée de mission favorable : aucun temps de trajet perdu, aucun véhicule à déplacer, aucun stationnement à gérer.
La préparation d’un reportage avant-travaux commence sur les plans, pas sur le site. Comprendre le découpage prévu des immeubles en lots, savoir quels volumes vont disparaître et où passeront les futures séparations conditionne le choix des angles. Un cadre choisi sans cette lecture ne pourra pas être refait après les travaux.
Trois étapes :
L’ordre de passage sur les six adresses n’a pas été choisi par proximité, mais par orientation des façades. Une façade prise à contre-jour est perdue pour la journée. Le planning s’est construit en croisant deux contraintes qui ne tombent pas ensemble : le créneau où chaque façade est correctement éclairée, et celui où les clés sont disponibles.
Reste le choix des angles. Je cherche des cadres qui existeront encore après les travaux, adossés à des éléments pérennes et contenus dans un futur lot. Un cadre spectaculaire dans un plateau brut n’a aucune valeur s’il se retrouve à cheval sur deux appartements. La méthode complète est détaillée dans mon article sur réussir un reportage avant/après en rénovation patrimoniale.
Un avant/après ne se rate pas au retour. Il se rate à l’aller.
Les six immeubles étaient vacants et très dégradés. Fenêtres cassées, planchers partiellement non praticables : certaines pièces se photographient depuis le seuil, parce qu’il est impossible d’y poser le pied. Le cadre se choisit alors dans ce que la porte permet, et cette limite se note sur le plan au même titre que la focale.
Des animaux occupaient les lieux : pigeons, mouettes, rats, chats. À l’extérieur, la végétation avait repris la main, avec des herbes très hautes autour des accès et devant les façades.
Aucun immeuble n’était alimenté en électricité. Les pièces les plus sombres ont été traitées à l’éclairage LED de poche, en appoint, pour révéler la matière sans dénaturer l’ambiance du lieu. Côté optiques, grand angle pour les volumes, 70 mm pour les détails : moulures, ferronneries, éléments de charpente, dégradations significatives.
Les façades se photographient depuis la rue, donc sous contrainte de circulation, entre les voitures en stationnement, les livraisons et les passants. Le cadre est souvent prêt avant que la rue ne le soit. On attend le créneau.
Deux postes de temps passent inaperçus tant qu’on ne les a pas tenus. Les volets d’abord : ouvrir avant, refermer après, lot par lot. L’exploration ensuite, parce que la vue sur plan n’est jamais la vue du terrain. Chaque immeuble a commencé par un parcours complet, avant la première image.
Restait l’accès. Les clés se récupéraient à des points de dépôt chez des commerçants du centre-ville et se restituaient à heure fixe, pour que les équipes travaux puissent entrer derrière moi. Sur six adresses en deux jours, ce calendrier a été tenu.
Six adresses, deux jours, un jeu de clés qui circule : la moitié du métier, ici, c’était d’arriver à entrer.
Près de cinq cents photographies ont été livrées pour les six programmes, sous soixante-douze heures après la fin du reportage. Elles alimentent le site du Groupe Jehan Ango, ses brochures et plaquettes de programme, ses réseaux sociaux, ainsi que la présentation des opérations aux investisseurs et aux conseillers en gestion de patrimoine.
Les formats verticaux destinés aux réseaux ont été cadrés au tournage. La plaquette impose sa propre définition et son propre profil colorimétrique, anticipés de la même manière.
À cela s’ajoute un bénéfice moins évident sur le moment. Le reportage constitue un état initial daté et conservé, qui documente l’ampleur réelle des travaux engagés sur chacun des six immeubles. Devant un investisseur ou un conseiller en gestion de patrimoine, cette antériorité vaut démonstration : elle montre d’où part l’opération, ce qu’aucun plan de découpage ne peut faire. Ce corpus sert la commercialisation aujourd’hui, et il servira le montage et l’archive du programme ensuite.
Un second passage est prévu en fin d’année, une fois les six immeubles réhabilités. Il s’appuiera sur les plans annotés conservés depuis le premier reportage : mêmes positions de prise de vue, mêmes orientations, mêmes focales. C’est à ce moment que le corpus devient un avant/après.
Le second passage se prépare avec les mêmes contraintes qu’à l’aller. L’orientation des façades imposera de nouveau l’ordre des adresses, et les accès seront à caler avec les équipes encore présentes sur les finitions. La différence tient à un point : cette fois, les cadres sont déjà décidés.
Cette page sera enrichie des images de retour dès qu’elles seront disponibles. En attendant, elle ne montre que la moitié aller du travail, ce qui correspond à l’état réel de la mission.
Je photographie des opérations de réhabilitation pour des promoteurs, en Gironde comme ailleurs en France, et je peux intervenir sur des programmes répartis dans toute la France. Je travaille aussi pour le Groupe CIR, promoteur en rénovation patrimoniale suivi depuis 2020. Si une opération démarre bientôt, le moment de photographier l’état initial se situe avant l’entrée des entreprises : vous pouvez me contacter pour en parler.
Depuis 2016, Sébastien Piedloup documente des opérations de réhabilitation et de construction partout en France : suivi de chantier, photographie de bâti ancien, prises de vues drone. Il intervient sur des projets patrimoniaux exigeants, en secteur sauvegardé comme sur des programmes neufs, pour des promoteurs, des architectes et des entreprises de restauration. Sa spécialité : saisir un lieu avant les travaux pour mieux en révéler la renaissance.

Six programmes de réhabilitation photographiés en deux jours pour le Groupe Jehan Ango, à Dieppe. Méthode de repérage et contraintes de terrain.

Un reportage avant/après se prépare avant les travaux, pas après. Méthode de repérage, contraintes de terrain et livrables, sur six chantiers réels.

Choisir son photographe événementiel : les critères qui comptent, et le seul qui change tout — un prestataire qui filme aussi. Un passage, deux supports.

L’ancienne Banque de France de Troyes, édifiée en 1885 boulevard Victor-Hugo, réhabilitée par Urban Premium en 25 logements signés Colomès + Nomdedeu.

L’ancienne Banque de France de Laval, hôtel de la Broise de 1832, réhabilitée par le Groupe CIR en 23 logements signés III·V Architecture (loi Malraux).

L’Hôtel Isabey de Besançon, hôtel particulier néoclassique de 1775 signé Colombot et classé Monument Historique, réhabilité en 62 logements par le Groupe CIR.